đ Manifestations et sĂ©curitĂ© locale : pour une stratĂ©gie cohĂ©rente au service des habitants đ
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Les fêtes locales 2026 se sont globalement déroulées dans de bonnes conditions.
Une affluence plus modérée, probablement liée aux conditions météorologiques et au contexte économique, a certainement contribué à limiter les tensions habituelles.
Il convient néanmoins de saluer le professionnalisme des forces de l’ordre, des agents de sécurité privée ainsi que des services municipaux mobilisés durant ces manifestations. Une attention particulière doit être portée cette année à la police municipale, qui a dû assurer une grande partie de la surveillance du périmètre des fêtes sans appui direct de la gendarmerie nationale à l’intérieur du dispositif. En l’absence de convention adaptée entre la commune et les services de l’État, la gendarmerie intervenait principalement sur les zones périphériques.
â ïž Cette situation rappelle une évidence : la sécurité publique ne peut reposer sur des improvisations ou des dispositifs partiels. Elle nécessite une organisation claire, coordonnée et anticipée.
La conception d’un dispositif de sécurité efficace doit intégrer deux dimensions complémentaires :
•â â la sécurité, qui vise à prévenir les risques accidentels ou non intentionnels ;
•â â la sûreté, qui concerne la prévention des actes intentionnels, des violences et des atteintes aux personnes ou aux biens.
Ces deux approches mobilisent des compétences distinctes mais indissociables. Elles doivent fonctionner en complémentarité, sans confusion des rôles ni cloisonnement administratif.
Aujourd’hui, les forces de sécurité expriment un profond sentiment de lassitude et de manque de reconnaissance, tant sur le plan matériel que moral. Ce malaise ne peut être ignoré.
Si la République attend de ses agents qu’ils incarnent l’autorité publique, elle doit également leur donner les moyens humains, matériels et financiers d’exercer leurs missions dignement.
Reconnaître ces métiers implique :
•â â une meilleure valorisation salariale ;
•â â des équipements adaptés ;
•â â des effectifs suffisants ;
•â â une reconnaissance institutionnelle claire du rôle des policiers municipaux et nationaux.
La sécurité ne peut se résumer à une logique uniquement répressive. Elle repose sur un équilibre entre :
•â â prévention ;
•â â présence humaine ;
•â â médiation ;
•â â fraternité civique ;
•â â réponse pénale ;
•â â confiance entre institutions et habitants.
Les Conseils Locaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) doivent redevenir de véritables outils de coordination territoriale.
Lorsqu’ils fonctionnent correctement, ils permettent :
•â â d’établir un diagnostic partagé ;
•â â de coordonner les acteurs publics ;
•â â de sortir des logiques administratives cloisonnées ;
•â â de définir des priorités communes et lisibles.
Ils favorisent également une action publique cohérente entre :
•â â collectivités ;
•â â forces de l’ordre ;
•â â justice ;
•â â associations ;
•â â établissements scolaires ;
•â â bailleurs sociaux ;
•â â acteurs de santé et du secteur social.
Or, sur notre territoire, le CLSPD du Seignanx semble aujourd’hui en sommeil. Cette situation prive les communes d’un outil pourtant essentiel à la prévention des tensions et à l’anticipation des problématiques locales.
đ Sa réactivation doit devenir une priorité intercommunale.
đčDonner à la police municipale des moyens adaptés
À Tarnos, la police municipale ne dispose toujours pas de l’ensemble des équipements nécessaires pour assurer pleinement ses missions de tranquillité publique.
Investir dans :
•â â des moyens de communication performants ;
•â â des équipements de protection adaptés ;
•â â des outils modernes de surveillance et d’intervention ;
•â â des formations régulières ;
ne relève pas d’une logique de militarisation, mais d’une exigence minimale de protection des agents et des habitants.
â ïž La sécurité des personnels municipaux ne doit jamais être considérée comme une variable d’ajustement budgétaire.
đčUrbanisme, éclairage et prévention situationnelle
La sécurité se construit également dans l’aménagement urbain.
Les marches exploratoires et diagnostics de terrain montrent régulièrement que :
•â â l’éclairage public ;
•â â l’entretien des espaces collectifs ;
•â â la visibilité des cheminements ;
•â â la mixité des usages ;
•â â la qualité des espaces publics ;
ont un impact direct sur le sentiment de sécurité.
đ La nuit constitue un espace-temps particulier, marqué par une vulnérabilité accrue des habitants. Dans ce contexte, la réduction systématique de l’éclairage public pose question.
Plutôt que l’extinction partielle des lumières, la commune devrait étudier le développement d’un éclairage public solaire intelligent, permettant :
•â â une réduction de la consommation énergétique ;
•â â une adaptation automatique de l’intensité lumineuse ;
•â â une diminution des coûts de fonctionnement ;
•â â une amélioration de la sécurité des déplacements nocturnes.
Les technologies actuelles permettent en effet :
•â â la captation photovoltaïque autonome ;
•â â le stockage sur batteries intégrées ;
•â â une gestion intelligente des niveaux d’éclairage selon les usages.
De nombreuses collectivités ayant investi dans ces dispositifs constatent déjà des bénéfices économiques, environnementaux et sécuritaires.
Le sentiment d’insécurité ne provient pas uniquement des faits graves de délinquance.
Dans la majorité des cas, ce sont les incivilités répétées qui dégradent durablement le cadre de vie :
•â â nuisances sonores ;
•â â dégradations ;
•â â dépôts sauvages ;
•â â stationnements gênants ;
•â â occupations abusives de l’espace public.
Cette insécurité dite « ordinaire » nourrit un besoin croissant :
•â â de présence humaine ;
•â â de régulation ;
•â â de respect mutuel ;
•â â d’action municipale visible.
Les cambriolages constituent également une préoccupation majeure pour de nombreux habitants. Face à cette réalité, les dispositifs de vidéoprotection peuvent représenter un outil complémentaire lorsqu’ils s’inscrivent dans une stratégie globale, encadrée et proportionnée.
1ïžâŁâ â Réactiver rapidement le CLSPD du Seignanx avec un calendrier annuel de réunions et d’actions.
2ïžâŁâ â Renforcer les conventions opérationnelles entre la commune, la gendarmerie et les partenaires institutionnels.
3ïžâŁâ â Moderniser les équipements de la police municipale.
4ïžâŁâ â Développer une stratégie locale de prévention des incivilités.
5ïžâŁâ â Étudier un plan de modernisation de l’éclairage public avec solutions solaires intelligentes.
6ïžâŁâ â Renforcer la présence humaine de proximité dans les espaces publics sensibles.
7ïžâŁâ â Associer davantage les habitants aux diagnostics de sécurité et aux politiques locales de prévention.
8ïžâŁâ â Évaluer objectivement les besoins en vidéoprotection dans les secteurs les plus exposés.
9ïžâŁâ â Intégrer systématiquement les enjeux de sécurité dans les projets d’urbanisme et d’aménagement.
đâ â Mettre en place des indicateurs publics de suivi des actions engagées.
đčConclusion
La tranquillité publique ne se décrète pas. Elle se construit dans la durée, par la coordination des acteurs, la présence de terrain, l’anticipation des tensions et la confiance entre institutions et habitants.
Les maires ne peuvent pas tout résoudre seuls. En revanche, ils disposent d’un pouvoir essentiel : celui d’organiser, coordonner et impulser une stratégie locale cohérente.
â ïž La sécurité locale exige aujourd’hui autre chose que des déclarations d’intention : elle nécessite des choix clairs, des moyens adaptés et une vision durable au service de tous les habitants.
đ Allez au travail Monsieur le Maire !

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