Les écologistes dans la bataille

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Les Verts landais sont lassés du manque de

dialogue de la majorité socialiste à leur égard.

Les écologistes dans la bataille

 

«La protection du littoral ? Cela fait vingt-cinq ans que l'on alerte Henri Emmanuelli et ses conseillers généraux sur le sujet. C'est étonnant de voir comment ils s'intéressent au sujet depuis peu », tance Gérard Claverie. Secrétaire départemental d'Europe Écologie - Les Verts (EELV), son parti présentait hier à Dax ses candidats pour les prochaines élections départementales du 22 et 29 mars.

Pour ce scrutin, où des duos de conseillers départementaux seront désignés par les électeurs, les écologistes n'ont pas hésité l'ombre d'un instant avant de se lancer dans la bataille. « On va à la guerre en fonction des troupes disponibles », concède le secrétaire fédéral, au moment d'annoncer que seulement 5 des 15 cantons compteront avec une candidature écologiste. « Des militants, nous en avons. Mais certains n'ont pas forcément les moyens de faire campagne. »

Cinq cantons « stratégiques »

MONT-DE-MARSAN 1 : Laurence Motoman - Stéphane Bruey (Fanette Billard - Gérard Boisseau-Deschouarts).

DAX 1 : Julie Beatrix - Alain Godot (Florence Pourcet-Diffenbach - Michel Ibarrart).

DAX 2 : Isabelle Nail-Arrouy - Jean-Marie Vignes (Esther Berdot - José Amar).

SEIGNANX : Marie-Ange Delavenne - Gérard Claverie (Muriel David-Riem - Cyril Rodriguez).

MARENSIN SUD : Bernadette Campagne-Ibarcq - Dominique Perron (Marie-Claire Dupouy - André Lataste).

Malgré les nombreux griefs que peuvent avoir les uns et les autres face à la gouvernance socialiste dans les Landes, EELV a donc ciblé cinq cantons « stratégiques » par rapport à divers enjeux écologiques. Le canton Nord de Mont-de-Marsan, traversé par l'autoroute A 65 et le tracé de la future LGV ferroviaire. Le canton du Marensin-Sud, territoire où un golf, à Tosse, et une vague artificielle, à Saint-Geours-de-Maremne, sont à l'étude. Le canton du Seignanx, avec le port de Bayonne. Ceux de Dax enfin, où les écologistes déplorent « l'absence de toute réflexion autour de la géothermie ».

« Politiques incitatives »

Leur programme, dévoilé par Laurence Motoman dans une succession de concepts et d'idées , pourrait s'appliquer du niveau local jusqu'à l'international. Passés les éléments de langage, la candidate à Mont-de-Marsan se fait plus précise. « Alors que les autres formations mettent une touche de vert dans leurs programmes, nous parlons de notre côté d'une nouvelle économie avec des politiques incitatives qui n'ont jamais été mises en place ».

Celle-ci se base sur les principes de « l'économie circulaire » et met l'écologie au centre de tout, comme l'explique Marie-Claire Dupouy, suppléante dans le Marensin-Sud. « L'écologie est la colonne vertébrale de la société à laquelle nous aspirons. Tout s'y attache : l'économie, le lien social, l'éducation, etc. »

Pour les écologistes, le département des Landes serait ainsi « en retard » dans bien des domaines. La protection des eaux, la gestion des déchets, le soutien à l'agriculture bio et les circuits courts. Sans parler de la tauromachie, où le sujet semble toujours autant diviser et faire causer, dans la grande tradition démocratique des militants écologistes.

Tandis que chacun y va de son commentaire autour de la table, Gérard Claverie rappelle que le département possède pourtant des atouts indéniables. « Cela me fait mal de voir partir du port de Bayonne des bateaux chargés de bois puis qu'il revienne dans les Landes par camion une fois transformé. Je sais que le Conseil général n'est pas là pour construire des usines, mais il y a quand même matière à s'interroger. Aucune entreprise de transformation de bois n'est implantée dans le département. »

Pas d'alliance possible

Face à ce constat, EELV a donc décidé de faire campagne, lassée de ne pas être entendue par les politiques aux affaires. Et si Laurence Motoman se refuse à « mettre tous les socialistes dans le même panier », Bernard Claverie n'hésite pas à donner sa version quand on le lance sur le sujet des alliances. « Quand quelqu'un veut faire alliance avec un autre, le fort se rapproche du faible pour lui proposer quelque chose, euphémise l'écologiste. Là, on nous a juste fait culpabiliser sur le risque que le département bascule à droite et demandé de ne pas nous présenter dans certains cantons... Une demande à laquelle nous avons accédé. »

Fermement opposés à Henri Emmanuelli, la conscience de gauche des candidats EELV n'a quand même pas totalement disparu. Laurence Motoman veut éviter toute confusion. « Nous ne voulons pas que les Landes passent à droite, ça serait pire quand même ! » Certains semblent en douter à ses côtés, mais la candidate montoise fait bien la distinction. « Au niveau humain, je préfère parler avec Geneviève Darrieussecq qu'avec Henri Emmanuelli, qui ne nous a jamais considérés. Politiquement, je reste en revanche plus proche de ce dernier que de la maire de Mont-de-Marsan, ne serait-ce qu'au sujet des transports en commun qu'elle a privatisés. »

Au cours des semaines à venir, quelques vieilles rancœurs ne devraient pas manquer de ressurgir dans les campagnes, comme celles que peuvent nourrir Isabelle Nail-Arrouy et Jean-Marie Vignes à l'encontre du camp socialiste de Gabriel Bellocq. Dans la majorité municipale du maire de Dax lors de son premier mandat, ceux-ci en avaient été exclus suite à leur implication dans une manifestation antitaurine. Même chose dans le Seignanx, où le couple Claverie-Delavenne ferraillera face à Jean-Marc Lespade, maire de Tarnos auxquels ils s'étaient opposé lors des municipales de l'an dernier.

Autant de rivaux pour les écologistes et leurs idées : « Nos adversaires parlent beaucoup d'écologie mais agissent peu. Il serait temps d'investir plus d'argent dans des actions que dans des opérations de com. »

Dans le Seignanx

 

Lespade se lance

Jean-Marc Lespade, maire PCF du Seignanx se lance dans la bataille des départementales sous la bannière du Front de gauche. Eva Belin, jeune mère de famille de 36 ans sera sa colistière. Isabelle Nogaro, adjointe à Tarnos et Dominique Lapierre, élu d’opposition à Ondres, complètent l’équipe.

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